Inarrêtable Steegmans

Inarrêtable Steegmans
Gert Steegmans a remporté son 2e succès d'étape consécutif en réglant un groupe d'échappés où figurait Thor Hushovd, toujours leader. Sylvain Chavanel a senti le bon coup en se classant troisième de l'étape. Frank Schleck (CSC) est le principal perdant d'une journée pluvieuse.

On ne les arrête plus, lui et les autres. Lui c'est Gert Steegmans (Quick Step). Le Belge a glané son deuxième succès d'étape consécutif dans cette "course au soleil" version 2008. Déjà vainqueur la veille, il a réglé un trio d'échappés constitué du maillot jaune Thor Hushovd (Crédit Agricole), de Sylvain Chavanel (Cofidis) et du Suisse Michael Albasini (Liquigas). Les autres, ce sont les nombreux hommes qui sont partis à l'attaque au cours d'une étape marquée encore une fois par la pluie et le vent. Des éléments qui étaient cependant moins perturbateurs que lundi sur la route de Nevers.

L'échappée de la journée était à mettre au crédit du néo-professionnel Thierry Hupond (Skil-Shimano). Parti au kilomètre 30, le Décinois portait très vite son avantage à 15'10" aux alentours du 110e kilomètre. Un beau cadeau pour ce jeune Français qui passait d'ailleurs dans sa région d'origine. Mais celui-ci ne put aller jusqu'au bout de son objectif: gagner une étape.

Hushovd offensif

Et comme la veille, les intempéries n'avaient pas épargnée les participants de "la course au soleil", il en fut de même mardi. Deux chutes avait lieu dans le peloton, à quelques hectomètres d'intervalle, et pénalisaient les coureurs, notamment l'un des favoris à la victoire finale, en l'occurence, Fränk Schleck (CSC). Le Luxembourgeois perdait à l'issue des 201 kilomètres de course près de trois minutes et toute chance de s'imposer. Au contraire de Davide Rebellin (Gerolsteiner), ramené au sein du peloton sans encombre.

Devant, Hupond souffrait terriblement des efforts consentis depuis le kilomètre 30, moment choisi pour se porter vers l'offensive. 152 kilomètres plus loin, le jeune Français devait céder au retour de Beñat Intxausti (Saunier Duval) et de Juan Antonio Flecha (Rabobank), sorti un peu plus tôt du peloton. Les Quick Step ont, quant à eux, accéléré dans la dernière ascension dont le sommet était situé à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée pour ramener l'ordre. Et contrairement aux espérances, aucun leader n'a tenté de s'extirper du groupe principal.

Dans la descente sur Belleville, lieu d'arrivée de l'étape, celui-ci avalait les trois hommes mais laissait filer Thor Hushovd. Au panache, le maillot jaune tentait d'aller chercher en solo un premier succès d'étape. Malheureusement pour lui tout comme pour Chavanel et Albasini, c'est encore Steegmans, impressionnant de sérénité et de puissance, qui l'en empêchait. "Dans la dernière descente, un coureur de Quick Step a attaqué et j'ai suivi. Au pied, quand je me suis retourné, j'ai vu que le trou était fait et j'ai insisté. Aux cinq kilomètres, j'ai été pris d'une fringale. J'ai essayé de manger tout de suite, mais je n'avais plus aucune force pour le sprint", acceptait Hushovd. On espère autant de spectacle, avec la participation des cadors en plus, mercredi sur la route de Saint-Etienne.
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# Posté le mardi 11 mars 2008 14:58

Steegmans entre les gouttes

Steegmans entre les gouttes
Plus fort que la pluie et le vent, Gert Steegmans (Quick Step) a réussi à s'imposer facilement, au sprint, lors de la première étape reliant La Chapelotte à Nevers. Thor Hushovd, troisième de l'étape, garde le maillot de leader. De nombreux leaders ont été piégés par les conditions atmosphériques.

A la manière de son leader Tom Boonen ces dernières années, Gert Steegmans (Quick Step) a écrasé le sprint final d'une étape bien mouvementée et signé son premier succès sur Paris-Nice. Grâce à un coup de pédale aérien, le sprinter, vainqueur d'une étape du Tour l'an passé à Gand, a devancé Jérôme Pineau (Bouygues Telecom) et le maillot jaune Thor Hushovd (Crédit Agricole). Et bien heureux furent ceux qui franchirent la ligne d'arrivée parmi les leaders. Car le parcours reliant La Chapelotte à Nevers fut semé de nombreuses embuches pour les 160 coureurs du peloton.

La localité du départ fut pourtant un hôte par défaut en raison des très mauvaises conditions météorologiques amenant la direction de course à éviter les plaines de l'Yonne et les chemins escarpés du Sancerrois. C'est finalement à La Chapelotte qu'était donné le départ de l'étape longue de seulement 93 kilomètres. Malgré une pluie battante, trois hommes sortaient dans la descente de la seule côte répertoriée au classement du Meilleur Grimpeur. Peter Velits (Team Milram), champion du monde espoirs 2007, son coéquipier Niki Terpstra et l'inattendu Bernhard Eisel (High Road), plutôt spécialiste des arrivées massives creusaient l'écart assez vite.

Evans et Moreau perdent gros

Velits et Terpstra ne s'apercevaient pas cependant qu'un quatrième larron, en la personne de leur coéquipier Andriy Grivko, s'apprêtait à les rejoindre. Qui sait ce que l'échappée aurait donné au vu des circonstances de course. Quant aux éléments, ils commençaient déjà à s'abattre un peu plus tôt sur le groupe principal. Une première chute collective envoyait Pierrick Fédrigo (Bouygues Telecom) à terre. Le Marmandais ne s'en relevait pas et devait abandonner.

Le peloton laissait filer les fuyards, sous l'oeil bienveillant des coéquipiers du maillot jaune, avant de commencer à mettre la machine à route. Après un écart maximal de 4'15" à environ 45 kilomètres du terme de l'étape, le peloton accélérait sous l'impulsion des Liquigas et des inévitables Quick Step. Le moment était bien choisi par ces derniers puisqu'au même instant Cadel Evans était pris dans une nouvelle chute. L'Australien, en chasse pendant le reste de la course cédait au final, 2'40". Devant, des bordures se créaient et on ne trouvait plus qu'une trentaine de coureurs en mesure de jouer la victoire. Christophe Moreau (Agritubel) en était victime. Le champon de France cède plus de six minutes.

Les trois hommes de tête tenaient tête au groupe du maillot jaune, où l'on remarquait l'absence de Philippe Gilbert, de Davide Rebellin ou encore d'Oscar Pereiro, sous des conditions dantesques jusqu'à une quinzaine de kilomètres de l'arrivée. Le jeune et généreux néo-pro âgé de 21 ans Mickaël Chérel (Française des Jeux) ou encore Sylvain Chavanel (Cofidis), dans les deux derniers kilomètres, tentaient ensuite de l'emporter au solitaire, sans succès. Ils ne purent rien au final de patron livré par Steegmans. Un air de déjà vu pour les hommes de Patrick Lefévère.
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# Posté le lundi 10 mars 2008 13:57

Hushovd comme prévu

Hushovd comme prévu
Le Norvégien Thor Hushovd (Crédit Agricole) s'est montré le plus rapide lors du prologue de Paris-Nice. Son coéquipier William Bonnet, premier Français, se classe 5e. Markel Irizar (Euskaltel) et Stefan Schumacher (Gerolsteiner) complètent le podium de l'étape.

Dans un contexte très difficile, sous la pression des plus hautes instances dirigeantes du cyclisme, Paris-Nice a finalement lieu. Et quoi de mieux pour commencer la course au soleil avec un beau vainqueur, Thor Hushovd (Crédit Agricole). Le Norvégien, en réglages depuis le début de la saison, a frappé fort dans ce prologue en réalisant dans les toutes dernières minutes le meilleur temps. Une prestation peu surprenante pour celui qui s'était déjà imposé dans ce type d'exercice. C'était lors du prologue du Tour de France 2006, à Strasbourg.

Hushovd a devancé le surprenant Espagnol Markel Irizar Aramburu (Euskaltel) de quatre secondes. Comme le Tchèque Roman Kreuziger, sur le prologue de l'année passée, le coéquipier d'Haimar Zubeldia, présent sur la course, n'a que très peu de références hormis une dixième place sur le championnat national de l'effort solitaire en 2005. Irizar a également profité de conditions climatiques changeantes et favorables pour tenir le chrono de référence pendant plus de deux heures. Après son arrivée, la pluie et le vent beaucoup gêné les autres concurrents.

Moreau limite la casse

Les spécialistes comme Bobby Julich (CSC), Luis Leon Sanchez (Caisse d'Epargne), Bradley McGee (CSC) ou encore David Millar (Team Slipstream) n'ont pas réussi à faire parler leur puissance. Notamment dans les deux derniers kilomètres où le vent soufflait fort. "C'était difficile, il y avait beaucoup de vent mais j'ai reçu quelques informations de William (Bonnet) qui a fait un très bon prologue (5e). Je savais que ce serait difficile sur la fin " notait Hushovd.

Parmi les autres favoris, Stefan Schumacher (Gerolsteiner), bousculé par les affaires de dopage durant l'hiver, a tenu à répondre à ses détracteurs avec le troisième temps, à seulement cinq secondes du lauréat du jour. Rodé à l'effort court, Mc Gee a fini juste derrière Schumacher. Andriy Grivko (Milram) à 8 secondes, Roman Kreuziger (Liquigas) à 12 secondes, Sandy Casar (Française des Jeux) à 13 secondes ou encore Oscar Pereiro (Caisse d'Epargne), six secondes plus loin, se sont placés pour la victoire finale.

En revanche, Christophe Moreau, arrivé chez Agritubel à l'intersaison, a cédé un temps précieux au moment de faire les comptes à l'arrivée, dimanche prochain à Nice, puisqu'il cède 29 secondes. Pour une course ballottée par l'UCI, le classement montre que Paris-Nice se porte plutôt bien. "C'était important de partir pour tous les coureurs. Ce qui compte c'est que ce soit eux qui fassent une belle course. On a un beau vainqueur aujourd'hui ", confirmait le directeur de la course Christian Prudhomme.

# Posté le lundi 10 mars 2008 09:03

"Une course sauvage"

"Une course sauvage"
Le président de l'UCI Pat McQuaid cherche l'apaisement dans le conflit qui l'oppose à A.S.O., société organisatrice de Paris-Nice. Le dirigeant irlandais a cependant qualifié "la course au soleil" de "course sauvage."

Le prologue de Paris-Nice dimanche à Amilly (Loiret) a donné le coup d'envoi d'une épreuve qualifiée de "course sauvage" par l'Union cycliste internationale (UCi). Dans une lettre adressée aux équipes et aux coureurs avant le prologue, le président de l'UCI, l'Irlandais Pat McQuaid, les a mis en garde sans toutefois présenter un ton menaçant. " L'application du règlement restant réservée à ce sujet, je dois attirer votre attention sur les implications d'une participation à une course organisée en dehors du règlement de l'UCI", écrit Pat McQuaid.

Le président de l'UCI estime que, hors réglement, " les complications, incertitudes et mauvaises surprises sont inévitables". Il évoque l'absence de garantie de participation "suivant des critères objectifs et neutres, fixés clairement à l'avance", ainsi que les règles d'exclusion de la course décidées par l'organisateur. Tout en reconnaissant "la bonne réputation" d'A.S.O. (organisateur de Paris-Nice) en matière d'organisation matérielle, il qualifie "d'incertaine" la situation en ce qui concerne les assurances et la responsabilité des équipes et des coureurs, "en cas d'accident ou autre forme de dommage".

Pat McQuaid souligne aussi qu'en l'absence de commissaires internationaux (remplacés par des commissaires nationaux), les différentes garanties prévues par le règlement UCI font défaut. Les règles "peuvent être différentes d'une course à l'autre ou d'une édition à l'autre ou encore, être modifiées à la dernière minute", estime l'UCI en ajoutant que "l'organisateur reste maître de ces règles pendant la course et peut prendre des décisions suivant ses interprétations les plus personnelles".

"En ce qui le concerne le passeport biologique, je vous informe que son développement sera continué dans les limites qui s'imposeront, notamment sur le plan financier", conclut-il. La lettre a été ressentie par plusieurs responsables d'équipes comme un signe de décrue dans la crise des derniers jours et la menace de suspendre le peloton de Paris-Nice, course organisée sous l'égide de la Fédération française.

"Il faut que la saison 2008 se déroule normalement sur le plan sportif", a résumé l'un d'eux. "Pour cela, il est nécessaire de se rencontrer. Prenons ce Paris-Nice, que tout le monde tient à courir, comme une trêve sportive et discutons pour ne pas retrouver une situation comparable avant Paris-Roubaix" le 13 avril.
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# Posté le lundi 10 mars 2008 09:02

Prudhomme: "Place aux coureurs"

Prudhomme: "Place aux coureurs"
Malgré le conflit avec l'UCI, Christian Prudhomme espère que les coureurs feront l'actualité du Paris-Nice, qui débute dimanche. Le responsable d'ASO souhaite dans un premier temps que la course soit belle et reparlera de l'avenir après l'épreuve.

CHRISTIAN PRUDHOMME, dans l'immédiat, l'essentiel est-il atteint ?

C.P. : Ce qui compte pour nous, c'est de pouvoir organiser les courses, c'est notre métier. Surtout pour une épreuve comme Paris-Nice, une épreuve historique, on l'a vu avec toute la passion qui a entouré son approche, et une épreuve historique qui fêtera jeudi ses 75 ans. Je n'ai envie de dire qu'une seule chose: place à la course, place aux coureurs, qu'on parle d'eux, de leurs exploits, de leurs victoires, de leurs défaites.

Comment envisagez-vous l'après Paris-Nice ?

C.P. : L'AIGCP (association internationale des équipes, ndlr) nous a demandé une réunion le dernier jour de Paris-Nice. On va réfléchir pour définir un avenir ensemble.

L'AIGCP parle d'une réunion de transaction...

C.P. : J'ai vu ce mot-là. C'est une réunion de travail pendant laquelle on va discuter de l'avenir.

A quelle date sera connue la sélection des équipes pour le Tour de France? Le dernier jour de Paris-Nice ?

C.P. : Non, je souhaite que l'on parle des coureurs et de la course pendant ces huit jours. On ouvre la porte de Paris-Nice, on la refermera le dimanche 16 (mars). Ensuite, on pourra parler d'autre chose. Dans l'immédiat, je souhaite laisser toute la place aux coureurs.

Mais vers quelle date approximative prévoyez-vous de faire connaître la sélection ?

C.P. : On le saura après Paris-Nice.

La course a-t-elle été difficile à organiser à cause des élections municipales ?

C.P. : Non, mais... On a confectionné le parcours dans un temps tout à fait classique. En revanche, si nous ne sommes plus à Issy-les-Moulineaux, c'est parce que le beau tracé du prologue que nous avions ces dernières années encercle des bureaux de vote. Nous sommes venus à Amilly où nous avions prévu d'organiser le départ de la première étape. La communauté de communes de Montargis, la bien-nommée AME (Agglomération Montargeoise et rives du Loing, ndlr), aime le vélo et nous a dit oui pour le prologue.

Que redoutez-vous particulièrement dans ce Paris-Nice ?

C.P. : La première fois que j'ai dirigé la course en 2005, à la demande de Jean-Marie Leblanc, c'était l'hiver le plus tardif et le plus rude depuis trente ans. La météo s'annonce cette année un peu moins favorable que l'an dernier mais, si l'on reparle de la météo, cela veut dire que l'on est dans la bonne direction, que nous sommes dans la course.

Que serait un Paris-Nice réussi ?

C.P. : Un Paris-Nice sans pépins, sans chute grave, avec une course débridée, de l'indécision, des exploits. Une belle course.
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# Posté le lundi 10 mars 2008 09:01