Kirchen fait son numéro

Kirchen fait son numéro
Auteur d'une impressionnante montée du Mur de Huy, le Luxembourgeois Kim Kirchen (High Road) a remporté la Flèche Wallonne mercredi. Il devance l'Australien Cadel Evans (Silence-Lotto) et l'Italien Damiano Cunego, vainqueur de l'Amstel Gold Race dimanche.

Enfin ! Kim Kirchen tient sa première victoire majeure. Le Luxembourgeois, dont la progression est constante depuis quatre ans, a décroché la timbale au sommet du Mur de Huy. Lui, l'outsider, a damé le pion à tous les favoris, de Rebellin à Cunego en passant par Valverde, inexistant dans l'ascension finale. Kirchen (High Road), longtemps en embuscade, a surgi à moins de 200 mètres de l'arrivée pour sauter Cadel Evans. L'Australien avait effectué la majeure partie de l'ascension en tête avant de baisser pavillon devant le jump du Luxembourgeois.

Pour Kirchen, il s'agit à 29 ans d'une consécration. Il y a trois ans, il avait pris la deuxième place de la Flèche. Repéré par Giancarlo Ferretti qui l'avait fait venir chez Fassa Bortolo en 2003, il avait ensuite rejoint T-Mobile et son armada. Jouant souvent les équipiers de luxe, il guettait ce grand succès depuis un moment. On l'avait vu très en forme récemment lors du Tour du Pays basque, où il s'était adjugé deux étapes la semaine dernière. Les hommes forts dans le Nord de l'Espagne brillent souvent sur les Ardennaises. Kirchen l'a confirmé.

Valverde a explosé

Comme souvent, la Flèche a fini par se résumer à une course de côte entre costauds. Les échappées, nombreuses, n'ont jamais donné l'impression de pouvoir aller au bout, sur une chaussée détrempée par les averses dans la deuxième moitié de la course. Celle-ci a vraiment démarré après 100 kilomètres, avec l'offensive d'une vingtaine de coureurs, parmi lesquels Philippe Gilbert, Andy Schleck ou Andryi Grivko, qui sera le dernier à rendre les armes. Contraint de mener une longue poursuite, le peloton a bien géré son effort, ne laissant jamais plus de trois minutes de marge aux fuyards.

Finalement, après un regroupement général dans la Côte de Ahin, avant-dernière difficulté du tracé, le Suédois Gustav Larsson (CSC) lançait la contre-attaque, bientôt rejoint par l'Allemand Fabian Wegmann (Gerolsteiner) et le Russe Alexandre Efimkin (AG2R). La chute de Larsson, freinant Efimkin, laissait Wegmann seul en tête au pied du Mur de Huy. Mais le champion d 'Allemagne n'avait plus rien dans le pédalier... Evans, Kirchen et les autres pouvaient entrer en scène.

Derrière le grand vainqueur du jour, il y a battu et battu. Damiano Cunego, troisième, confirme sa forme éclatante. A défaut de signer le triplé ardennais, le Véronais de la Lampre sera néanmoins le grand favori de Liège-Bastogne-Liège, dimanche. L'avenir proche d'Alejandro Valverde demeure en revanche plus incertain. L'Espagnol, troisième de l'Amstel, a explosé dans le Mur, à la surprise générale, pour terminer au-delà du Top 20, où l'on trouve deux Français en bonne place: Benoît Vaugrenard (Française de Jeux), 20e, Jérôme Pineau (Bouygues), 11e et juste devant lui l'épatant John Gadret, qui a su se frayer jusque dans les 10 premiers (10e). Un bilan plus qu'honorable dans un contexte si relevé.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 09:18

Cunego, talent d'or

Cunego, talent d'or
Pour sa première participation, l'Italien Damiano Cunego (Lampre) a réussi un coup de maître sur l'Amstel Gold Race. Au sprint, il devance Frank Schleck (Team CSC) et Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne), et remporte sa première classique hors Italie.

Attentif aux attaques, bien entouré par ses gregari, Damiano Cunego a résumé sa Gold Race à un sprint sur le Cauberg. Patient dans la roue de Frank Schleck sur l'ultime montée du parcours, l'Italien déborde le Luxembourgeois dans les 100 derniers mètres, se mettant à l'abri du retour d'Alejandro Valverde, qui échoue à la troisième place. Un succès habile pour un coureur qui n'aura fait que deux efforts en plus de six heures sur les routes bataves. Le premier dans le Keutenberg, pour contrer l'accélération de Frank Schleck et de Davide Rebellin, puis dans les derniers hectomètres, pour remporter un sprint qui lance sa saison sous les meilleurs hospices.

Tout au long de la journée, les grosses écuries ne s'étaient pas mouillées. Avec le concours d'un temps radieux, un groupe de trois coureurs avait fait la course en tête pendant plusieurs heures. Albert Timmer, Kristof Vandewalle et Yuriy Krivtsov sont repris à 40 kilomètres du but et c'est alors que la course démarre vraiment ... ou pas. Les équipes des favoris, pour la majorité véloces, attendent les 10 dernières bornes pour prendre les choses en main. En attendant, ce sont les outsiders qui tentent de désorienter les cadors, d'abord par l'intermédiaire de Niki Terpstra pour la formation Milram. Dans le Loorberg, ce sont Kim Kirchen, Philippe Gilbert et autres Igor Astarloa qui jouent leur carte de second couteau, mais ce dimanche, il aura été impossible de surprendre les hommes forts.

Ivanov lance les hostilités

Une nouvelle attaque, lancée à 16 kilomètres de Valkenburg, aura eu pour mérite de forcer les favoris à bouger. Sergei Ivanov et Christian Pfannberger, le surprenant champion d'Autriche, s'éclipsent après le Fromberg et seront repris au sommet du Keutenberg par un sept coureurs. Les sept plus forts. Un groupe de neuf se dirige donc vers le Cauberg, avec en son sein deux équipes en supériorité numérique. Les deux Caisse d'Epargne font le forcing sur le plat par l'intermédiaire de Joaquin Rodriguez pour Alejandro Valverde, tandis que Karsten Kroon prépare une attaque de son leader Frank Schleck. Effectivement, le Luxembourgeois entre dans le Cauberg le couteau entre les dents, mais avec la crainte de voir Valverde le sauter sur la ligne. C'est pourtant Damiano Cunego qui parvient à faire l'effort, doubler le coureur de la CSC, pour aller remporter l'Amstel Gold Race 2008.

Sobre, tout en patience, un succès qui contraste avec l'état d'esprit habituellement très offensif du transalpin. Le Cunego virevoltant qui remportait en 2004 le Giro au culot n'est plus là. Le Petit Prince est devenu une bête de classiques, qui choisit intelligemment ses objectifs et ne se trompe pas le Jour J. Il ne tente plus de désorienter ses rivaux. Il les chasse, les suit à la trace pour mieux les battre. Résultat, le leader de la Lampre continue de fournir son palmarès en courses d'un jour, après sa deuxième victoire en octobre dernier sur le Tour de Lombardie. Avec ce succès dans la Gold Race, il est surtout parvenu à remporter sa première classique hors Italie. Une réussite qui pourrait lui donner des idées : Briller sur une course de trois semaines autre que son Tour national. Il a annoncé plusieurs fois vouloir impasser le Giro pour se consacrer à la Grande Boucle cette année. Mais avant, il va se consacrer à un défi également intéressant : Viser le triplé des Ardennes.

Et maintenant, suivez la Flèche !

Une mission très compliquée avec une adversité qui est en forme. Damiano Cunego a paru l'emporter facilement sur le Cauberg, mais ses rivaux ne sont pas loin derrière lui. Alejandro Valverde va monter en condition, tandis que Davide Rebellin et Frank Schleck demeurent des dangers évidents, avec une équipe puissante autour d'eux. Mercredi, sur la Flèche Wallonne, le menu sera différent avec une montée finale du Mur de Huy beaucoup plus exigeante que celle du Cauberg. Dimanche, Liège-Bastogne-Liège constituera l'apogée de cette semaine ardennaise. Deux marches à franchir pour Cunego, qui est désormais animé par un formidable défi : Réussir le triplé, ce qui n'a pas été réalisé depuis Davide Rebellin en 2004. Pour accomplir cette mission, le fuoriclasse devra compter sur le support de son équipe, qui est assurément moins forte que la CSC de Schleck, la Caisse d'Epargne de Valverde et la Gerolsteiner de Rebellin. Ce qui rendrait une nouvelle victoire mercredi encore plus retentissante.

# Posté le dimanche 20 avril 2008 12:55

Freire au-dessus du lot

Freire au-dessus du lot
Oscar Freire (Rabobank) a remporté au sprint la 70e édition de Gent-Wevelgem devant le Suisse Aurélien Clerc (Bouygues Telecom). Le triple champion du monde, premier Espagnol à remporter la classique flandrienne, succède à l'Allemand Marcus Burghardt, absent ce mercredi car blessé.

Au terme d'un sprint massif qu'il a réglé avec grande classe, Oscar Freire est devenu le premier Espagnol à inscrire son nom au palmarès de Gent-Wevelgem. Pour la 70e édition de la classique flandrienne, le coureur de la Rabobank, qui avait pris la 3e place de l'édition précédente, a devancé le Suisse Aurélien Clerc (Bouygues Telecom) et le Belge Wouter Weylandt (Quick Step). Désireux de succéder à son compatriote Markus Burghardt, l'Allemand Erik Zabel (Team Milram) a dû se contenter de la 4e place.

Disputée sous des conditions météorologiques idéales, la classique de Gent-Wevelgem et ses fameux Kemmelberg et Monteberg à effacer à deux reprises ont tendance à sourire aux attaquants et aux puncheurs. Le début de course n'a pas contredit le pronostic. Longue de 209 km, l'épreuve - véritable parenthèse entre le Tour des Flandres et Paris-Roubaix - a d'abord été animée par Ermanno Capelli. Parti au km 58, l'Italien de la Saunier Duval a fait cavalier seul durant près de 100 kilomètres. L'homme, qui a compté plus de 10 minutes d'avance, a été rejoint dans la seconde ascension du Mont Kemmel, dont la descente a été modifiée en raison des nombreuses chutes de l'an dernier.

Favori pour Paris-Roubaix ?

Deux hommes, partis lors du premier passage du Kemmelberg, sont parvenus à le rattraper : Filippo Pozzato (Liquigas) et Philippe Gilbert (Française des Jeux), visiblement bien en jambes. A 26 km de l'arrivée à Weregem, le regroupement général s'opère. Bien aidés par une forte concentration de motos, le Norvégien Kurt Asle Arvesen (CSC) et le Suisse Martin Elmiger (AG2R) parviennent à s'extirper du peloton. Un trio ne tarde pas à prendre lui-aussi la poudre d'escampette. Le Français Frédéric Guesdon (Française des Jeux), l'Italien Manuel Quinziato (Liguigas) et l'Australien Stuart O'Grady (CSC) reprennent le duo à 10km. A 3km de l'arrivée, l'échappée est avalée par un peloton essentiellement mené par la Rabobank. On connaît la suite...

"J'avais de bonnes jambes. Mon équipe a été forte. C'était difficile de contrôler le final. Mais on a réussi à bien m'emmener dans le sprint. Je suis fier d'être le premier Espagnol à remporter la victoire sur Gent Wevelgem", a commenté à l'arrivée le triple champion du monde (1999, 2001, 2004) Oscar Freire. Déjà lauréat de deux victoires cette saison (deux étapes de Tirreno-Adriatico), le coureur de Catanbrie a envoyé un sérieux message à ses adversaires : il faudra compter sur lui dimanche sur Paris-Roubaix, même si lui estime plutôt viser l'Amstel Gold Race.

# Posté le mercredi 09 avril 2008 13:07

Devolder, tel un Lion

Devolder, tel un Lion
Parti juste avant le Mur de Grammont, Stijn Devolder (Quick Step) s'est imposé en solitaire pour remporter son premier Tour des Flandres. Le champion de Belgique a su résister aux retours du Belge Nick Nuyens (Cofidis), deuxième, et de l'Espagnol Juan Antonio Flecha (Rabobank), troisième.

Il est parti à fond, n'a jamais cessé d'accélérer, et a fini encore plus fort. Stijn Devolder (Quickstep) a réalisé un véritable numéro sur le 92e Tour des Flandres. Dévoué à la cause de Tom Boonen, le champion de Belgique a débarrassé son leader du poids de la course pour finalement aller chercher en personne le graal. Nick Nuyens (Cofidis) et Juan Antonio Flecha (Rabobank), partis à sa poursuite dans les derniers kilomètres, doivent se contenter des accessits. Le vainqueur sortant, Alessandro Ballan (Lampre), règle le peloton et termine au pied du podium, se classant pour la quatrième fois d'affilée dans le top 6 de l'épreuve.

Pendant 68 kilomètres, Stijn Devolder a monopolisé l'antenne. Dans le Koppenberg, il était le seul à pouvoir suivre son chef de file, Tom Boonen. Sur le Berg Ten Stene, il ne ménageait déjà pas ses efforts à la poursuite d'Oscar Freire. Après le Leberg, c'est lui qui était à la relance pour former un groupe d'échappée dans lequel on retrouvait notamment Alessandro Ballan (Lampre), Juan Antonio Flecha (Rabobank), Nick Nuyens (Cofidis) et Sebastian Langeveld (Rabobank). Les mêmes qui, plusieurs minutes plus tard, allaient cette fois tenter de revenir sur le flahute, parti au culot, tout seul, en anticipant l'escalade du Mur de Grammont. Parti dans la course contre la montre la plus importante de sa carrière, l'ancien coureur de l'équipe Vlaanderen résistait jusqu'au bout, au terme d'une démonstration de puissance dont il a le secret.

L'envol de Stijn

En raflant la première grande classique de sa carrière, le sympathique Stijn est devenu le grand Devolder. Coureur très allant, au sens tactique dénué de raison, lui seul aurait pu tenter telle offensive. Coureur de grand talent, qui sait se faire mal, lui seul aurait pu réussir un tel pari : Aller dompter le Ronde après avoir tout donné pour son leader, gagnant tel un véritable Lion des Flandres. Un leader qui ne termine même pas dans le top 10. Annoncé comme le favori de la course, malgré un début de saison discret, Tom Boonen a laissé entrevoir par deux fois dans le final, en attaquant dans le Berendries et dans le Mur de Grammont, qu'il avait les jambes pour l'emporter. Mais l'ancien champion du monde a finalement été plus souvent au chaud qu'au charbon, laissant logiquement la responsabilité de la chasse à ses rivaux. Peu importe, Quickstep l'emporte : l'objectif est rempli.

Révélation de l'épreuve, Sebastian Langeveld n'a pas été loin de créer l'exploit. Le Néerlandais, déjà deuxième de Kuurne-Bruxelles-Kuurne début mars, n'a rien eu à envier au vainqueur du jour sur le plan de l'offensivité. Très entreprenant tout au long de la journée, le coureur de 23 ans, professionnel depuis 2007, était tout près de rejoindre Stijn Devolder à 10 kilomètres de la ligne. Finalement repris dans les derniers instants de la course, il servait de relai à son leader, Juan Antonio Flecha, qui partait à son tour à la poursuite de l'homme seul. Malgré le concours de Nick Nuyens, revenu sur lui au forcing, le duo devait se contenter de la deuxième place, que le dernier nommé obtenait sur sa fraicheur. Alessandro Ballan, Fabian Cancellara et Tom Boonen, les trois favoris, ne montent même pas sur le podium : L'appétit des cadors n'a pas été rassasié à Meerbeke. Le sera t-il, mercredi, à Wevelgem, et dimanche, à Roubaix ?

# Posté le dimanche 06 avril 2008 12:38

Chavanel, quel numéro !

Chavanel, quel numéro !
Enorme semaine pour Sylvain Chavanel. Après A Travers les Flandres, le Français a remporté la Flèche Brabançonne dimanche. Un exploit pour le coureur de Chatellerault, qui s'est imposé en solitaire. Il annonce la couleur avant le Tour des Flandres.

Difficile de contester désormais que Sylvain Chavanel a franchi un cap en ce début d'année 2008. Parfois brillant, souvent frustrant mais rarement gagnant, l'ex grand espoir du cyclisme français a longtemps attendu son heure. Aujourd'hui, tout lui sourit. Il a signé dimanche sa quatrième victoire de la saison en s'adjugeant la Flèche Brabançonne en Belgique, semi-classique préparatoire au Tour des Flandres. A huit jours du Ronde, le natif de Châtellerault tient la très grande forme.

Quelle semaine pour Chavanel, déjà lauréat mercredi de A Travers les Flandres, où aucun Français n'avait jamais triomphe, comme sur la Flèche d'ailleurs. "Il faut bien un premier", sourit le coureur de Cofidis. Qui plus est, Chavanel y a mis la manière dimanche, en s'imposant en solitaire, malgré le forcing derrière lui d'un autre homme en forme, le Belge Philippe Gilbert. A 15 kilomètres de l'arrivée, l'avance de "Mimosa" n'était que d'une petite quinzaine de secondes mais il n'a rien lâché.

"Chaque chose en son temps"

Pour la deuxième place, Philippe Gilbert (la Française des Jeux) a devancé Juan-Antonio Flecha au sein d'un groupe de cinq coureurs en contre-attaque, qui n'a donc rien pu faire face à la détermination de Chavanel, dont l'état de grâce se poursuit. " C'est ma première participation ici, et je ne connais pas bien le coin. Alors c'est vraiment une super semaine pour moi. C'est super ce qui m'arrive. Je me sens super bien, j'espère que ça va continuer ", a-t-il confié à l'arrivée.

Son doublé, historique pour le cyclisme français, laisse maintenant augurer du meilleur pour le Tour des Flandres, dimanche prochain. A défaut d'en être le favori, Chavanel va voir sa cote grimper au rang des sérieux outsiders. Mais il ne s'emballe pas. "On verra. Chaque chose en son temps. Le Tour des Flandres, c'est un cran au-dessus. Là, on est sur des courses de 200 kilomètres, qui me conviennent bien", tempère le Français, qui espère retrouver nu ciel aussi pourri que dimanche. "J'adore le mauvais temps. Là, il était exécrable, c'était parfait!"

# Posté le lundi 31 mars 2008 13:46