Malgré une 14e étape apathique, les favoris ont opéré un rapproché au général. Si Gabriele Bosisio (LPR) est le nouveau leader après la défaillance de Visconti, Alberto Contador (Astana) n'est qu'à 5 secondes et le trio Ricco-Di Luca-Klöden à une minute. Emanuele Sella (CSF Group) s'impose en solo.
La première étape de haute montagne aura accouché d'une souris sur le plan du scénario, mais, sans vraiment le vouloir, d'un premier rebondissement dans ce Giro 2008. Avant le morceau de bravoure de cette édition, dimanche, les favoris sont au coude à coude au général, avec Alberto Contador, plus que jamais l'homme à abattre.
Un résultat en trompe-l'oeil tant la 14e étape a été amorphe. On attendait des coups d'éclat, des attaques dans le Passo Manghen ou bien vers l'arrivée au sommet de l'Alpe di Pampeago. Et pas le moindre mouvement en 195km. Tout le monde est resté en rangs serrés jusque dans les ultimes hectomètres. "Il m'a semblé voir un troupeau de brebis plutôt que les lions auxquels je m'attendais, lâche le Trentinois Gibo Simoni à l'arrivée. L'équipe a roulé derrière l'échappée et, dans le final, c'est moi qui ai attaqué le premier. A la fin, c'est celui qui est resté le plus tranquille (Menchov) qui a pris du temps." Le Russe, 6e de l'étape, a repris du temps à ses adversaires, reléguant Riccardo Ricco, Franco Pellizotti et Gilberto Simoni à une quinzaine de secondes, Di Luca et Contador un peu plus loin.
A la peine dans la dernière montée où les pourcentages atteignaient 16%, l'Espagnol est pourtant le grand gagnant de la journée. Certes, il ne s'empare pas du maillot rose de leader, mais il n'est plus qu'à cinq secondes du Graal, détenu désormais par Gabriele Bosisio (LPR) après la défaillance de Giovanni Visconti (Quick Step). Une bonne nouvelle notamment pour Danilo Di Luca. Le tenant du titre remonte à la 5e place à 1'06" de son coéquipier, deux secondes derrière Riccardo Ricco et cinq devant Andreas Klöden (Astana). Contador est plus que jamais en ligne de mire de ses rivaux, mais surtout le coureur d'Astana occupe le podium en ayant semblé fébrile en montagne. La 15e étape sera sans doute la véritable occasion de voir les favoris en découdre.
Sella en solo
Si l'on a attendu en vain du mouvement du côté des favoris, le véritable tour de force a bel et bien eu lieu. Parti dans l'échappée qui s'est déclenchée après 25 km de course, Emanuele Sella a illuminé les routes des Dolomites de tout son panache. Lui, le malheureux de Pescocostanzo qui avait crevé dans les derniers mètres alors que la victoire semblait lui tendre les bras. Le natif de Vicenze a pris une éclatante revanche entre Vérone et Alpe di Pampeago. Profitant du travail des trois coureurs de la Caisse d'Epargne présents à l'avant de la course, le coureur de CSF Group-Navigare a pu s'économiser avant de faire éclater le groupe de 13 fuyards sur les premières hauteurs du Passo Manghen. D'une accélération, Sella lâchait ses comparses alors que le peloton pointait à plus de sept minutes. Plus personne ne reverrait le maillot vert jusqu'à la ligne d'arrivée. Tout sourire, il enlève sa 2e victoire d'étape après celle acquise à Cesena en 2004.
Longtemps, on a cru à une tentative de Gilberto Simoni, vainqueur dans le Val di Fiemme en 2003, l'année de son second sacre italien. Ses équipiers de Diquigiovanni ont imprimé le tempo de la course pendant de longs kilomètres sans jamais être relayés. Pas de relais et donc pas vraiment de lutte entre des favoris qui avaient, semble-t-il, opté pour une trêve des confiseurs avant d'élever, on l'espère, le débat demain. Une attitude qui permet finalement à Visconti, à la traîne toute la journée, de limiter la casse. S'ils l'avaient vraiment voulu, les ténors auraient définitivement effacé un rival potentiel peu à l'aise en montagne. Ce que LPR tenta tardivement pour récupérer le maillot de leader...
On prend donc les mêmes, en plus serrés au général, et on recommence dimanche, pour la 15e étape entre Arabba et le Passo di Fedaia (2057m) avec ses 13,3km d'ascension finale à 8% de pente moyenne (18% au maximum). Le Giro aura-t-il choisi son camp à l'arrivée? Sans doute pas, mais les six montées au programme devraient pouvoir lever le voile sur les capacités et velléités de chacun.
La première étape de haute montagne aura accouché d'une souris sur le plan du scénario, mais, sans vraiment le vouloir, d'un premier rebondissement dans ce Giro 2008. Avant le morceau de bravoure de cette édition, dimanche, les favoris sont au coude à coude au général, avec Alberto Contador, plus que jamais l'homme à abattre.
Un résultat en trompe-l'oeil tant la 14e étape a été amorphe. On attendait des coups d'éclat, des attaques dans le Passo Manghen ou bien vers l'arrivée au sommet de l'Alpe di Pampeago. Et pas le moindre mouvement en 195km. Tout le monde est resté en rangs serrés jusque dans les ultimes hectomètres. "Il m'a semblé voir un troupeau de brebis plutôt que les lions auxquels je m'attendais, lâche le Trentinois Gibo Simoni à l'arrivée. L'équipe a roulé derrière l'échappée et, dans le final, c'est moi qui ai attaqué le premier. A la fin, c'est celui qui est resté le plus tranquille (Menchov) qui a pris du temps." Le Russe, 6e de l'étape, a repris du temps à ses adversaires, reléguant Riccardo Ricco, Franco Pellizotti et Gilberto Simoni à une quinzaine de secondes, Di Luca et Contador un peu plus loin.
A la peine dans la dernière montée où les pourcentages atteignaient 16%, l'Espagnol est pourtant le grand gagnant de la journée. Certes, il ne s'empare pas du maillot rose de leader, mais il n'est plus qu'à cinq secondes du Graal, détenu désormais par Gabriele Bosisio (LPR) après la défaillance de Giovanni Visconti (Quick Step). Une bonne nouvelle notamment pour Danilo Di Luca. Le tenant du titre remonte à la 5e place à 1'06" de son coéquipier, deux secondes derrière Riccardo Ricco et cinq devant Andreas Klöden (Astana). Contador est plus que jamais en ligne de mire de ses rivaux, mais surtout le coureur d'Astana occupe le podium en ayant semblé fébrile en montagne. La 15e étape sera sans doute la véritable occasion de voir les favoris en découdre.
Sella en solo
Si l'on a attendu en vain du mouvement du côté des favoris, le véritable tour de force a bel et bien eu lieu. Parti dans l'échappée qui s'est déclenchée après 25 km de course, Emanuele Sella a illuminé les routes des Dolomites de tout son panache. Lui, le malheureux de Pescocostanzo qui avait crevé dans les derniers mètres alors que la victoire semblait lui tendre les bras. Le natif de Vicenze a pris une éclatante revanche entre Vérone et Alpe di Pampeago. Profitant du travail des trois coureurs de la Caisse d'Epargne présents à l'avant de la course, le coureur de CSF Group-Navigare a pu s'économiser avant de faire éclater le groupe de 13 fuyards sur les premières hauteurs du Passo Manghen. D'une accélération, Sella lâchait ses comparses alors que le peloton pointait à plus de sept minutes. Plus personne ne reverrait le maillot vert jusqu'à la ligne d'arrivée. Tout sourire, il enlève sa 2e victoire d'étape après celle acquise à Cesena en 2004.
Longtemps, on a cru à une tentative de Gilberto Simoni, vainqueur dans le Val di Fiemme en 2003, l'année de son second sacre italien. Ses équipiers de Diquigiovanni ont imprimé le tempo de la course pendant de longs kilomètres sans jamais être relayés. Pas de relais et donc pas vraiment de lutte entre des favoris qui avaient, semble-t-il, opté pour une trêve des confiseurs avant d'élever, on l'espère, le débat demain. Une attitude qui permet finalement à Visconti, à la traîne toute la journée, de limiter la casse. S'ils l'avaient vraiment voulu, les ténors auraient définitivement effacé un rival potentiel peu à l'aise en montagne. Ce que LPR tenta tardivement pour récupérer le maillot de leader...
On prend donc les mêmes, en plus serrés au général, et on recommence dimanche, pour la 15e étape entre Arabba et le Passo di Fedaia (2057m) avec ses 13,3km d'ascension finale à 8% de pente moyenne (18% au maximum). Le Giro aura-t-il choisi son camp à l'arrivée? Sans doute pas, mais les six montées au programme devraient pouvoir lever le voile sur les capacités et velléités de chacun.