Pellizotti en force

Pellizotti en force
Franco Pellizotti a réalisé une belle opération en s'adjugeant la 16e étape, un chrono en côte vers Plan de Corones. Il devance Emanuele Sella, qui rate le triplé dans les Dolomites, et Gilberto Simoni. Ce dernier remonte à la 3e place au général où Alberto Contador conforte son maillot rose.

Ils étaient six. Ils ne sont sans doute plus que trois. Au sortir des Dolomites, Alberto Contador a conforté son maillot rose et réduit le champ des adversaires à deux unités, Riccardo Ricco et Gilberto Simoni. Les trois hommes se tiennent désormais en 1'21". C'est plus qu'au matin de la 16e étape entre Contador et Danilo Di Luca, alors 3e au général, mais un peu moins que l'avance de l'Espagnol sur Simoni, plus que jamais un danger certain. 10e du contre-la-montre à Urbino, le leader de Diquigiovanni a fait encore mieux dans celui très pentu qui menait au Plan de Corones (3e), avec ses passages à plus de 20%. Très à l'aise dans les Dolomites alors qu'il semblait vouloir attaquer les deux jours précédents et avait été poussés à l'attentisme par le peu de réaction de la concurrence, le vainqueur 2001 et 2003 a trouvé la juste récompense de ses efforts sur les pentes du jour.

Si le maillot rose paraissait lui être un peu tombé dessus faute de mieux ces derniers jours, Contador a en tout cas prouvé, mardi, qu'il n'y était pas par erreur. Le leader d'Astana a parfaitement géré son effort pendant 12,9km et termine avec le 4e temps à l'arrivée. Il concède certes cinq secondes à Simoni, mais en reprend huit à son adversaire le plus direct, Riccardo Ricco (5e). C'est désormais 41 secondes de marge qu'il possède sur le coureur Saunier Duval, lequel ne cesse de progresser dans les chronos. Ce trio laisse d'ailleurs augurer une ultime étape à couper le souffle si tout devait se jouer lors du contre-la-montre dans Milan. Mais avant ça, il restera la 19e étape avec son arrivée en altitude au Monte Pora, avant le lendemain, la Cima Coppi et le Mortirolo au programme.

Di Luca et Menchov en difficulté

Franco Pellizotti a, lui, réussi le meilleur coup du jour. Premier à donner l'assaut samedi dans l'Alpe di Pampeago, encore en jambes dans le Fedaia dimanche, le leader de la Liquigas a surpris tout son monde en s'adjugeant la 16e étape si particulière avec ce contre-la-montre en montée. Preuve de la difficulté du jour, l'Italien a roulé toute la journée à 19 km/h ! Il prouve néanmoins sa forme et demeurera un danger potentiel pour la dernière semaine de course où montagne et contre-la-montre seront autant d'opportunités pour sa palette de course. Il n'est finalement qu'à deux minutes de Contador et les rebondissements peuvent encore être légion dans ce Giro qui n'a pas encore atteint son paroxysme au niveau du suspense.

Avec ce 2e succès d'étape personnel, après Peschici en 2006, Pellizotti restera surtout celui qui a mis fin à la faim de victoire d'Emanuele Sella. Pour six secondes, ce dernier rate l'occasion de marquer d'une pierre blanche ce Tour d'Italie. S'il avait eu le temps de référence de Pellizotti au moment où il avalait les kilomètres, il aurait peut-être pu réaliser la passe de trois dans les Dolomites après ses succès dans les deux étapes précédentes. Le coureur de CSF Groupe en profite néanmoins pour faire son entrée dans le Top 10 (8e).

Les derniers kilomètres non goudronnés ont finalement été préjudiciables à Di Luca et Denis Menchov. L'Italien et le Russe ont perdu contact avec le podium et se retrouvent relégués respectivement à 2'18" et 2'47" de Contador. Dans un Giro aussi serré et où aucun favori n'a vraiment pris ses responsabilités, l'addition est peut-être déjà lourde.
# Posté le mardi 27 mai 2008 01:20

Contador devant la meute

Contador devant la meute
Sixième de la 15e étape remportée par Emanuele Sella, Alberto Contador (Astana) s'empare du maillot rose de leader devant Riccardo Ricco. L'Italien de Saunier Duval a attaqué dans la dernière montée. 2e au général, il s'annonce comme l'épouvantail de la dernière semaine.

Au soir de la 15e étape, et avant le terrible contre-la-montre de la 16e étape entre San Vigilio di Marebbe et Plan des Corones, le Giro a un nouveau leader: Alberto Contador. Hier encore, le vainqueur du dernier Tour de France était à cinq secondes de Gabriele Bosisio et comptait une minute d'avance sur ses plus sérieux rivaux. L'Espagnol est désormais maillot rose avant d'aborder l'ultime semaine de course, mais derrière lui, le danger s'est rapproché et se tient en moins d'une minute et demie.

Une fois encore pourtant, Contador a perdu du temps en montagne, là où il ne semble pas vraiment à l'aise sur les routes italiennes. A l'arrivée en altitude (2057m), il fut devancé par Ricco, Di Luca et Simoni. Même s'il avait annoncé qu'il n'était pas taillé pour ce parcours et qu'il n'en était pas le favori, il va pourtant en endosser le costume. La faute à un écrémage qui a tardé à intervenir et qu'il n'a pas su provoquer dans les rampes du Passo Fedaia, là où il aurait pu asseoir sa domination sur la boucle transalpine. Mais c'est un autre coureur qui a peut-être fait la meilleure impression.

L'homme en forme et le danger numéro un pour Contador a plus que jamais les traits de Ricco. L'impétueux Italien a tenté de décanter la course des favoris dans le Fedaia en plaçant plusieurs attaques dans les derniers kilomètres. Seuls Di Luca, Simoni, Menchov et Contador parvenaient à le suivre. A plusieurs reprises, ses piques faillirent être fatales à ses deux compatriotes, les premiers à lâcher du lest. Mais à trop tergiverser, ne pas prendre ses responsabilité, le Cobra a manqué de mordant et perdu l'occasion de frapper un grand coup en s'emparant du maillot rose. Il termine l'étape en 3e position, à 2'10" d'Emanuele Sella, de nouveau vainqueur, et reprend, avec les bonifications, plus d'une vingtaine de secondes à ses adversaires. Une goutte d'eau par rapport à ce qu'il semblait en mesure de faire. Le coureur d'Astana possède 33 secondes d'avance sur Ricco au général et 55 sur Di Luca. Simoni, 6e, n'est qu'à 1'20" du leader. La chasse au Contador est donc officiellement ouverte d'ici à Milan.

CSF Group en pleine lumière

Mais l'Espagnol aura-t-il les moyens de défendre sa peau? Dans la dernière montée vers le Passo Fedaia, le leader d'Astana n'avait plus que Maxim Iglinsky en soutien. Levi Leipheimer, parti dans la première échappée du jour avant de mal jouer le coup, et Andreas Klöden, qui n'a jamais semblé à son affaire, ont explosé en route. Ils terminent respectivement à sept et 5'30" des favoris. Un temps qui pourrait paraître infime alors qu'il reste deux étapes de montagne. Mais dans un Giro des plus serrés, c'en est sans doute déjà trop. A moins d'un coup d'éclat en solitaire, l'Allemand comme l'Américain n'ont plus rien à espérer quant à la victoire finale. Deux favoris sur la touche et probablement un troisième avec la déroute de Paolo Savoldelli, incapable d'accompagner Danilo Di Luca en montagne et qui boucle les 153 km avec un déficit de 10 minutes sur Emanuele Sella, une nouvelle fois vainqueur.

Comme samedi sur la route de l'Alpe di Pampeago, le leader de CSF Group-Navigare a volé en solitaire vers les sommets des Dolomites. Pour bâtir son second succès d'étape, le natif de Vicenze avait cette fois emmené dans ses bagages un premier équipier, Fortunato Baliani, avant qu'un second ne lui prête main forte après le Passo Giau. Sella a ainsi pu minimiser ses efforts, longtemps épaule également par Joaquin Rodriguez (Caisse d'Epargne). Une économie salvatrice au moment de placer l'accélération fatale dans les premiers mètres du Passo Fedaia. Passé en tête de tous les cols au programme, le porteur du maillot vert a conforté son avance au classement de la montagne. Il permet également à son équipe de s'illustrer une 3e fois sur le Giro 2008, après le succès de Matteo Priamo à la 6e étape. La formation continentale, privée avant même le départ de Maximiliano Richeze contrôlé positif, signe même un doublé avec la 2e place de Domenico Pozzovivo.
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# Posté le mardi 27 mai 2008 01:19

LPR, la bonne affaire

LPR, la bonne affaire
Gabriele Bosisio nouveau maillot rose, Dani Di Luca qui reprend un peu de temps à Contador... L'équipe LPR n'a pas perdu son temps samedi lors de la première étape disputée dans les Dolomites. Mais la grande bagarre n'a pas encore véritablement eu lieu.

Personne ne l'a vraiment vu venir. Au point qu'on a d'abord cru qu'Alberto Contador était le nouveau leader de ce Giro 2008. C'était oublier que Gabriele Bosisio, sans faire de bruit, était venu se glisser dans le flot des ténors sur la ligne d'arrivée. Pour cinq petites secondes, c'est donc lui, et non le vainqueur du dernier Tour de France, qui endosse le prestigieux maillot rose. Une divine surprise pour ce Milanais de 28 ans, qui vit décidément un Giro de rêve après sa victoire en solitaire dans la 7e étape il y a quelques jours.

Bosisio est sur un petit nuage. "Si l'on m'avait dit avant le départ du Giro que je gagnerais une étape et que je porterais le maillot rose...", sourit l'intéressé. Mais de son propre aveu, cette prise de pouvoir ne vient pas totalement de nulle part. Samedi matin, Bosisio savait que la tunique rose était à portée de main. "La journée s'est passée comme on l'espérait. On avait un double objectif: le maillot rose pour moi, le classement général par rapport aux autres favoris pour Danilo (Di Luca) et Paolo (Savoldelli)", explique le Lombard.

Bosisio: "Rien à perdre"

Sur toute la ligne, le contrat a donc été rempli, au-delà même des espérances de la formation LPR. Danilo Di Luca, sans forcer, a repris un peu de temps à Alberto Contador et reste une position intéressante. "J'étais bien aujourd'hui mais il m'a manqué un petit quelque chose. Notre équipe a tenu son rôle. Chacun était au maximum. L'étape était très dure, on a contrôlé. A l'arrivée, nous récupérons le maillot rose. Je suis content pour Gabriele, il le mérite", assure le tenant du titre, même si la hiérarchie chez LPR demeure évidemment la même.

Personne n'imagine que Bosisio puisse être autre chose qu'un éclaireur au sommet de la feuille des temps au classement général. Le maillot rose saura rester à sa place, et le menu des prochains jours, plutôt corsé, s'en chargera au besoin. En attendant, il savoure. "C'est une 'grandissime' satisfaction de porter ce maillot rose. J'espère continuer comme ça. Je me sens tranquille. Je n'ai rien à perdre." En quelques jours, il a de toute façon déjà bien plus gagné qu'il n'aurait pu l'espérer, même dans ses rêves les plus fous...
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# Posté le dimanche 25 mai 2008 08:32

Ça se resserre

Ça se resserre
Malgré une 14e étape apathique, les favoris ont opéré un rapproché au général. Si Gabriele Bosisio (LPR) est le nouveau leader après la défaillance de Visconti, Alberto Contador (Astana) n'est qu'à 5 secondes et le trio Ricco-Di Luca-Klöden à une minute. Emanuele Sella (CSF Group) s'impose en solo.

La première étape de haute montagne aura accouché d'une souris sur le plan du scénario, mais, sans vraiment le vouloir, d'un premier rebondissement dans ce Giro 2008. Avant le morceau de bravoure de cette édition, dimanche, les favoris sont au coude à coude au général, avec Alberto Contador, plus que jamais l'homme à abattre.

Un résultat en trompe-l'oeil tant la 14e étape a été amorphe. On attendait des coups d'éclat, des attaques dans le Passo Manghen ou bien vers l'arrivée au sommet de l'Alpe di Pampeago. Et pas le moindre mouvement en 195km. Tout le monde est resté en rangs serrés jusque dans les ultimes hectomètres. "Il m'a semblé voir un troupeau de brebis plutôt que les lions auxquels je m'attendais, lâche le Trentinois Gibo Simoni à l'arrivée. L'équipe a roulé derrière l'échappée et, dans le final, c'est moi qui ai attaqué le premier. A la fin, c'est celui qui est resté le plus tranquille (Menchov) qui a pris du temps." Le Russe, 6e de l'étape, a repris du temps à ses adversaires, reléguant Riccardo Ricco, Franco Pellizotti et Gilberto Simoni à une quinzaine de secondes, Di Luca et Contador un peu plus loin.

A la peine dans la dernière montée où les pourcentages atteignaient 16%, l'Espagnol est pourtant le grand gagnant de la journée. Certes, il ne s'empare pas du maillot rose de leader, mais il n'est plus qu'à cinq secondes du Graal, détenu désormais par Gabriele Bosisio (LPR) après la défaillance de Giovanni Visconti (Quick Step). Une bonne nouvelle notamment pour Danilo Di Luca. Le tenant du titre remonte à la 5e place à 1'06" de son coéquipier, deux secondes derrière Riccardo Ricco et cinq devant Andreas Klöden (Astana). Contador est plus que jamais en ligne de mire de ses rivaux, mais surtout le coureur d'Astana occupe le podium en ayant semblé fébrile en montagne. La 15e étape sera sans doute la véritable occasion de voir les favoris en découdre.

Sella en solo

Si l'on a attendu en vain du mouvement du côté des favoris, le véritable tour de force a bel et bien eu lieu. Parti dans l'échappée qui s'est déclenchée après 25 km de course, Emanuele Sella a illuminé les routes des Dolomites de tout son panache. Lui, le malheureux de Pescocostanzo qui avait crevé dans les derniers mètres alors que la victoire semblait lui tendre les bras. Le natif de Vicenze a pris une éclatante revanche entre Vérone et Alpe di Pampeago. Profitant du travail des trois coureurs de la Caisse d'Epargne présents à l'avant de la course, le coureur de CSF Group-Navigare a pu s'économiser avant de faire éclater le groupe de 13 fuyards sur les premières hauteurs du Passo Manghen. D'une accélération, Sella lâchait ses comparses alors que le peloton pointait à plus de sept minutes. Plus personne ne reverrait le maillot vert jusqu'à la ligne d'arrivée. Tout sourire, il enlève sa 2e victoire d'étape après celle acquise à Cesena en 2004.

Longtemps, on a cru à une tentative de Gilberto Simoni, vainqueur dans le Val di Fiemme en 2003, l'année de son second sacre italien. Ses équipiers de Diquigiovanni ont imprimé le tempo de la course pendant de longs kilomètres sans jamais être relayés. Pas de relais et donc pas vraiment de lutte entre des favoris qui avaient, semble-t-il, opté pour une trêve des confiseurs avant d'élever, on l'espère, le débat demain. Une attitude qui permet finalement à Visconti, à la traîne toute la journée, de limiter la casse. S'ils l'avaient vraiment voulu, les ténors auraient définitivement effacé un rival potentiel peu à l'aise en montagne. Ce que LPR tenta tardivement pour récupérer le maillot de leader...

On prend donc les mêmes, en plus serrés au général, et on recommence dimanche, pour la 15e étape entre Arabba et le Passo di Fedaia (2057m) avec ses 13,3km d'ascension finale à 8% de pente moyenne (18% au maximum). Le Giro aura-t-il choisi son camp à l'arrivée? Sans doute pas, mais les six montées au programme devraient pouvoir lever le voile sur les capacités et velléités de chacun.
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# Posté le dimanche 25 mai 2008 08:30

Cavendish prend sa revanche

Cavendish prend sa revanche
Dominé au sprint la veille par Daniele Bennati (Liquigas), Mark Cavendish (High Road) s'est vengé vendredi lors de la 13e étape animée par la longue échappée du Français Mickael Buffaz (Cofidis). Giovanni Visconti (Quick Step) reste maillot rose. Place à la montagne désormais...

Avec deux jours de retard, Mark Cavendish (High Road) s'est offert un bien joli cadeau d'anniversaire aux pieds des murailles de Cittadella. Au terme des 177 km de la 13e étape du Tour d'Italie 2008, le Britannique de 22 ans, champion du monde sur piste de l'américaine en mars dernier (avec Bradley Wiggins), s'est facilement imposé au sprint. Battu la veille par le maillot cyclamen, l'homme de l'Ile de Man a, cette fois-ci, largement devancé Daniele Bennati (Liquigas) pour s'offir un deuxième succès sur ce Giro, le premier de sa carrière, après la victoire obtenue à Catanzaro Lungomare lors de la quatrième étape. Auteur d'un début d'année remarquable, Cavendish s'est imposé à six reprises cette saison.

Trop court, l'Espagnol Koldo Fernandez (Euskaltel) a pris la troisième place malgré un beau retour sur la ligne. Pourtant bien lancé par ses coéquipiers de la Milram, l'Allemand Erik Zabel a dû se contenter du quatrième rang. Loin devant, néanmoins, l'Australien Robbie McEwen (Silence-Lotto), seulement neuvième. L'étape a été principalement animée par l'échappée de deux hommes : le Français Mickael Buffaz (Cofidis) et Josu Agirre (Euskaltel), désireux de montrer son maillot le jour de ses 27 ans. Partis au 36e km, le duo de tête a compté jusqu'à 8 minutes et 24 secondes d'avance (au 66e km) avant d'être repris par le peloton à 12km de l'arrivée.

Victime d'une crevaison en milieu d'étape, l'Italien Giovanni Visconti (Quick Step) a passé une journée plutôt calme et a conservé son maillot rose. Samedi devrait être un autre jour puisque la 14e étape offrira un final en altitude dans les Dolomites, à l'Alpe de Pampeago (7,6 km à 9,6% de moyenne) avec l'escalade du difficile Passo Manghen (23,4 km à 7% de moyenne). Le dernier vainqueur à l'Alpe de Pampeago reste un certain Gilberto Simoni, en 2003. Plutôt discret depuis le début du Giro, le leader de Diquigiovanni devrait se montrer un peu plus samedi...
# Posté le vendredi 23 mai 2008 13:26